A quoi sert O’Dive ?

« La procédure élaborée par mon ordinateur de plongée est-elle adaptée à ma personne et à ma forme actuelle ? » ; « Quel algorithme et quel réglage utiliser sur mon ordinateur ? » ; « Dois-je faire évoluer ma pratique ? »

En 2017, pour une plongée « carrée » de 30 minutes à 30 mètres effectuée à l’air, la durée des paliers proposés par les principaux ordinateurs de plongée s’étend de 8 à 50 minutes selon l’algorithme et le niveau de réglage (durcissement) sélectionné par le plongeur.

Nous ne sommes pas tous égaux face à la décompression. La disparité des temps de paliers proposés par les ordinateurs en est le corollaire. Si la multiplicité des réglages est représentative des efforts des fabricants pour s’adapter à la variété des profils des individus et à leurs besoins, elle ne répond cependant pas aux questions qui les intéressent en premier chef : ma pratique et mes procédures sont elles en bonne adéquation ?

Ces questions jusqu’ici sans réponse restent pourtant essentielles si l’on se rappelle que la plupart des accidents de décompression survient alors que le plongeur a correctement suivi les indications délivrées par son ordinateur de plongée.

Aider le plongeur, plongée après plongée, à faire progresser sa pratique, à mieux comprendre les options sur lesquelles il peut agir afin d’accroître sa sécurité : telle est l’ambition que s’est fixée Azoth SYSTEMS au moyen d’une innovation technologique plusieurs fois brevetée : O’Dive.

Que mesure-t-on avec O’Dive ?

La technologie O’Dive connectée à un serveur délivre au plongeur une information personnalisée reflétant un niveau de qualité de sa pratique grâce à un indicateur. Cet indicateur tient compte :
– de la présence éventuelle (et de la quantité) de microbulles* de décompression détectables dans le système veineux du plongeur après la plongée (région sub-claviculaire) ;
– d’un index de sévérité de la plongée (profondeur, durée, séquence de gaz respirés, profil de remontée) ;
– des valeurs historiques de l’indicateur lors des plongées précédentes.
Le plongeur n’a pas d’indication en temps réel des données mesurées.
Celles-ci sont transmises, puis traitées en temps différé sur les serveurs d’AZOTH SYSTEMS pour être transformées en indications et simulations personnalisées au plongeur vis-à-vis de sa pratique.

*Les microbulles sont la conséquence de l’exposition du plongeur à des gaz respirés sous pression suivie d’une décompression. La mesure est réalisée au moyen d’un capteur à ultrasons.

Que sait-on au sujet des microbulles issues de la décompression ?

Un consensus scientifique existe sur le fait que la mesure de bulles après la plongée en région précordiale présente un intérêt en terme de prévention de par sa valeur prédictive négative (VPN élevée). En d’autres termes, l’absence de microbulles dans le système veineux d’un plongeur après la plongée est synonyme d’une qualité de la décompression accrue. C’est sur la base de ce résultat que se fonde le système O’DIVE.

En revanche, des études ont montré qu’à l’échelle d’un seul individu et à l’échelle d’une plongée prise isolément, la présence de microbulles après la plongée n’était pas synonyme d’une probabilité d’accident significativement accrue (VPP faible) par rapport à l’ensemble des facteurs susceptibles d’intervenir dans la genèse d’un ADD.

Plusieurs études ont aussi illustré le fait que des plongeurs ayant tendance à produire davantage de bulles que la moyenne dans des circonstances équivalentes sont l’objet d’un nombre d’accident significativement plus important que cette moyenne.

Cette conclusion est conforme aux observations d’AZOTH SYSTEMS sur la base d’analyses de données professionnelles, où un rapport de risque significatif est mis en évidence entre les catégories de plongeurs à mode de bullage « faible » vis-à-vis des plongeurs à mode de bullage « fort ».

In press : « Reliability of VGE detection in subclavian area for decompression stress assessment following scuba diving »
J. HUGON, A. METELKINA, A. BARBAUD, R. NISHI, F. BOUAK, E. GEMPP, JE BLATTEAU

O’Dive fonctionne-t-il sur tous les individus ?

O’Dive a été développé pendant de nombreuses années afin de s’adapter à la physiologie de la majorité des individus. La cellule acoustique qui est au cœur du capteur a une forme bien particulière pour permettre de mesurer le flux sanguin dans la veine sous-clavière.

Cependant, la physiologie humaine est telle que sur certains individus, parce que la veine est plus profonde ou décalée par rapport à la clavicule par exemple, la perception des bulles sera impossible.

En cas de difficultés à percevoir les bons signaux, les équipes d’O’Dive feront le maximum pour vérifier s’il résulte d’un mauvais positionnement du capteur, d’un dysfonctionnement technique, ou d’une différence physiologique empêchant la mesure. Dans ce dernier cas, le client sera intégralement remboursé.

Les équipes d’AZOTH SYSTEMS sont en tout cas fortement mobilisées pour résoudre ces difficultés et réduire au maximum ces cas particuliers en cherchant des solutions palliatives.

Puis-je encore avoir un accident de décompression si j’adapte mes procédures de décompression grâce à O’Dive ?

Les accidents de décompression sont des accidents de nature statistique.

Le risque de survenue d’un accident de décompression peut se modéliser de façon simplifiée en tant que résultat combiné de plusieurs composantes, dont :

  • la sévérité de la plongée (ratio entre profondeur-durée de la plongée, durée de la remontée, et séquence et qualité des gaz respirés)
  • un facteur d’adéquation des procédures aux individus (qui peut être appréciée par exemple par l’absence ou la quantité des microbulles vasculaires de gaz éventuellement détectables après la plongée)
  • des facteurs médicaux

Risque = (sévérité de la plongée) X (degré d’adaptation des procédures) X (facteurs médicaux)

Le plongeur détermine de son propre chef la première composante en décidant de ses paramètres de plongée.

O’Dive délivre au plongeur une indication sur la deuxième composante.
O’Dive n’est en aucun cas lié à la dimension médicale, qui relève du seul corps médical.

Sur la base de projections réalisées à partir de données professionnelles, les plongeurs sujets à des modes de bullage les plus élevés et se conformant aux recommandations d’O’Dive sont susceptibles d’améliorer leur pratique et de voir le risque d’accident lié à leur pratique significativement réduit.

Des accidents continueront cependant indiscutablement à se produire et O’Dive ne saurait en aucune manière prévenir les accidents de façon déterministe.
Seule une amélioration de la sécurité, statistique, en tant que résultante des composantes énumérées précédemment, est susceptible d’intervenir.

Pourquoi ne réaliser que deux mesures après la plongée ?

Par définition, toutes les mesures pouvant être réalisées dans l’intervalle de temps compris entre 20 minutes et 90 minutes après la plongée sont utiles au système, les moments préférentiels de réalisation de ces mesures et à viser par le plongeur étant toutefois situés à T0+30 minutes pour la première mesure et à T0+60 minutes pour la seconde (T0 étant l’heure de fin de la plongée).